Archives mensuelles : novembre 2010

Irvin Kershner a rejoint la Force

Le 27 novembre 2010 Irvin Kershner a rejoint la Force à l’age de 87 ans. Réalisateur peu prolifique (Les Yeux de Laura Mars en 1978, Jamais plus jamais en 1983, Robocop 2 en 1990), il restera à jamais dans nos mémoires pour avoir réalisé en 1980 L’Empire Contre Attaque, épisode 5 de la saga Star Wars et le plus réussi à mes yeux.

Chewbacca (Peter Mayhew), Carrie Fisher (Leia), Irvin Kershner et Lando (Billy Dee Williams) en plein tournage

Je me souviens que j’avais vu l’Empire  au ciné à sa sortie (nan, soyez sympa, n’essayez pas de calculer mon age !) et que ça avait été une sacré claque. C’est décidément le meilleur film de la série au niveau de l’histoire et de la réalisation, avec cette touche de noirceur et de drame incroyable pour un space opera familial. Quand on y pense, on y voit un personnage se faire découper en morceaux (6PO), un autre se faire torturer puis sceller dans un bloc de plastique (Han Solo), et un troisième combattre son propre père et se faire couper la main (Luke). Enfin un film de SF un peu plus adulte et sombre que la moyenne !

Irvin Kershner et 6PO

Il faut aussi parler de l’humour et du second degré omniprésent (notamment dans les dialogues Leia-Solo) et de la créativité et l’ingéniosité de toute l’équipe, qui font que l’Empire continue encore à émerveiller et à passer l’outrage des ans (même si certains FX font bien cheap). Ce vieux briscard d’Irvin Kershner (56 ans à  la réalisation de l’Empire) a réussi à imposer sa vision de la SF et à donner de la profondeur et de l’intérêt à tous les personnages (et même à une marionnette verte avec des oreilles pointues). Ce n’est pas un hasard si l’Empire est le film Star Wars préféré de tous les fans !

Harrison Ford (Han Solo) en route vers la gloire... Le seul acteur qui survivra à l'après Star Wars

Après le film, ça avait été trop dur d’attendre 3 ans pour voir le Retour du Jedi et la déception avait été un peu là : c’est quoi ces peluches des bois, comment ça Leia est la sœur jumelle de Luke, c’est quoi ce muppet show  ? Georges Lucas avait repris la main sur son univers et commencé à instiller sa vision très personnelle de l’humour et de la SF… Enfin bon, je ne vais pas lancer un débat !

Je vais me risquer à un listing des meilleures scènes. Dur car il n’y a quasiment que des scènes excellentes !

- l’attaque des quadripodes impériaux et l’évacuation de la base rebelle

- la fuite du faucon Millenium (dont les propulseurs sont défectueux) et les vannes que s’envoient la princesse et Han Solo : « vous voulez peut-être que je sorte pour pousser ? Bonne idée ! »

- la poursuite du falcon à travers un champ d’astéroïdes

- la rencontre avec Yoda (« Celui que je cherche est un grand guerrier ») et le dur entraînement de Luke

- le duel final de Luke avec Dark Vador et la révélation : « je n’ai pas tué ton père. Je SUIS ton père »

Encore un grand merci, Maitre Kershner !

Un dossier très complet sur Irvin Kershner est disponible ici : http://www.effets-speciaux.info/article?id=392

The Walking Dead : Morts vivants en série

The Walking Dead est au départ une série de comic-books lancée en 2003 et créée par Robert Kirkman  et  Tony Moore. Je n’ai pas lu cette bd culte, qui est sortie au même moment que l’Armée des morts et qui manifeste un vrai regain d’intérêt pour le zombie, décliné sur tous les supports possibles.

Depuis le 31 ocotobre 2010 (pile poil pour Halloween), The Walking Dead est désormais une série TV (6 épisodes pour la saison 1) produite et réalisée par Frank Darabont, et diffusée sur AMC.

Pour expliquer l’attente fébrile des fans de survival horror, il faut dire quelques mots de Frank Darabont : après avoir été scénariste d’un paquet de films d’horreurs un peu louches (La Mouche 2, The Blob, Freddy 3 et même Les Aventures du jeune Indiana Jones !), le monsieur s’est lancé dans la réalisation en 1995 avec Les Évadés, adapté de Stephen King. Cette adaptation très réussie a été suivie de La Ligne Verte (2000) et de The Mist (2008), deux autres adaptations du King qui ont fait forte impression. On peut aussi noter que Frank Darabont avait été embauché en 2002 pour travailler sur Indiana Jones 4, que Steven Spielberg adorait le script mais pas Georges Lucas, qui a viré Darabont pour produire le pathétique film que l’on connait (il faudra vraiment que je lise le scénario de Darabont un de ces jours).

Revenons à nos zombies… Dans Walking Dead, on suit le parcours de Rick, adjoint du shérif, qui se prend une balle au cours d’une course poursuite et se réveille tout seul dans une chambre d’hopital. Bien vite il découvre des murs maculés de sang, des cadavres déchiquetés, des scènes de combats, et des Walkers, ces Morts vivants qui ne dorment pas du sommeil de la tombe et qui ont une très grosse fringale. Dur réveil !

ils sont morts, ils ne sont pas contents et ils ont faim !

Walking Dead n’a rien inventé et n’apporte pas grand chose de neuf à une univers déjà jalonné par les films de George Romero,  sans oublier 28 Jours plus tard, l’Armée des morts, Shaun of the Dead, et Zombieland (pour ne citer que les plus évidents), ainsi que  des jeux vidéos tels que Left 4 Dead et Dead rising. Non, c’est juste une très bonne série de zombies à l’ancienne, avec des zombies de tradition, élevés en plein air, pas des zombies mutants gonflés aux hormones de croissance comme dans Resident Evil.

Frank Darabont cherche juste à nous faire peur et à nous plonger dans un survival horror movie de facture classique, avec des personnages attachants et une mise en scène brutale et efficace, sans chichis et sans aucune prétention. Et ça marche, c’est plutôt scotchant, surtout que nos morts vivants sont bien plus débrouillards et malins que la moyenne (ils savent utiliser des objets pour fracasser les portes).

un petit air de Left 4 Dead...

L’histoire est solide et ultra simple (le héros cherche à rejoindre et protéger sa femme et son gosse) mais c’est captivant, et le réalisateur arrive à rendre intéressant chacun des personnages (même les plus crapuleux), sans en faire des tonnes au niveau de la charge émotionnelle. Le seul point négatif (sur lequel la plupart des films de zombie font l’impasse) c’est comment c’est arrivé ? Pourquoi les morts ne restent pas tranquille ? Aucune explication pour le moment, mais ça pourrait venir…

Il y a un autre point négatif : seulement 6 épisodes pour la saison 1 ! Heureusement la session 2 est déjà programmée et bon dire un grand merci à Frank Darabont pour nous prodiguer ces bons moments de zombitude.